lampe de luminothérapie

De quoi s’agit-il ? 

La luminothérapie consiste à s’exposer quotidiennement à une source de lumière artificielle importante pour compenser le manque de soleil des jours d’automne et d’hiver.

Elle aide dans la baisse d’énergie qui peut être liée à ces saisons dans ce qui est appelé « dépression hivernale ou dépression saisonnière ».

Son action s’explique par la modulation de la production de mélatonine. Celle-ci est en effet directement liée à la luminosité ambiante (on dit qu’elle joue un rôle de régulateur). Notre cycle « veille-sommeil » (qu’on appelle aussi notre horloge interne) est gouverné par la sécrétion de plusieurs hormones. La principale est la mélatonine. Lorsque la lumière baisse, la mélatonine se libère, indiquant à notre corps qu’il est temps de passer en mode « repos ». Au lever de soleil, la sérotonine est produite en plus grande quantité et la mélatonine s’efface, laissant place à d’autres hormones qui vont rétablir le tonus global et nous préparer aux les activités qui nous attendent.

Ces rythmes s’installent durablement. Lorsque nous voyageons et sommes confrontés à d’autres fuseaux horaires, notre corps est en décalage pendant un certain moment (le temps de l’adaptation). Nos yeux reçoivent la lumière du jour à un moment où habituellement l’organisme est au repos.

En pénétrant par les yeux, la lumière stimule la production de sérotonine qui régularise l’humeur, l’appétit et est inversement liée à la production de mélatonine.

Les recherches suggèrent que le métabolisme de la mélatonine serait perturbé chez les personnes souffrant de dépression saisonnière : leur taux de mélatonine est particulièrement élevé en journée expliquant la fatigue. La stimulation matinale, des cellules de la rétine permet de bloquer la transformation de la sérotonine en mélatonine durant le jour. Une sécrétion plus importante de cette sérotonine est également observée.

Synthèse de la mélatonine

En tant qu’hormone du rythme biologique, la synthèse de la mélatonine s’effectue en deux temps. Le jour, un acide aminé, le tryptophane, est transformé en sérotonine, un neurotransmetteur important qui va en partie être stocké dans une structure cérébrale appelée « épiphyse ». La nuit, cette sérotonine est sécrétée, et des enzymes vont contribuer à sa transformation en mélatonine. 

Dans les pays nordiques, jusqu’à 10 % de la population, selon les sources, souffre de dépression saisonnière. Les symptômes les plus courants sont : une humeur dépressive, de la fatigue chronique, une baisse de la libido, un besoin plus important de sommeil, des réveils difficiles, des épisodes de boulimie ou des envies anormales de sucre et d’hydrates de carbone (féculents, pain, pâtes, pommes de terre). Au Canada près de 3 % de la population serait touchée par la dépression saisonnière, tandis que 18 % seraient touchés par une « déprime hivernale », forme plus légère présentant des symptômes, moins marqués. Les femmes seraient plus touchées que les hommes.

Dans les formes plus ordinaires de dépression, l’efficacité de la luminothérapie semble prometteuse en complément des prises en charge médicamenteuses classiques. Enfin, d’autres essais cliniques ont montré que la luminothérapie réduit certains problèmes de sommeil tels que réveil précoce, insomnies, endormissement tardif…

 Comment procéder ?

L’intensité du dispositif et le moment de la journée conditionnent l’effet positif obtenu.

L’intensité lumineuse doit être supérieure à 2000 lux et idéalement de 10.000 lux. A titre de comparaison, un bureau bien éclairé est en moyenne de 500 lux… Une journée bien ensoleillée peut dépasser les 100.000 lux.

L’exposition dure de 15 à 30 minutes selon la puissance de la lampe qui est placée à 30-50cm devant la personne. La séance se fera impérativement avant 12h afin de ne pas perturber le cycle veille-sommeil. Il n’est pas nécessaire de fixer la lampe du regard, on peut donc lire, converser ou tenir toute autre activité compatible.

Les bienfaits se font ressentir au bout de 4 à 5 séances. Il n’existe pas de contre-indication au fait de le poursuivre tout au long de l’hiver.

Les lampes de luminothérapie peuvent se louer ou s ‘acheter dans les magasins qui proposent du matériel médical (orthopédiste, bandagisterie, pharmacie) ou s’acheter dans les commerces d’électro-ménager. Il en existe de nombreux modèles. Compter un budget qui varie de 100 à 250 €.

A noter que les réveils dits « à simulateur d’aube » fonctionnent selon le même principe. Ils n’ont pas de vertus thérapeutiques mais aident à la bonne synchronisation des rythmes hormonaux et des rythmes d’activités sociales. 

En savoir plus : https://www.la-depression.org/les-traitements/luminotherapie/