Tabac et stress : un programme à désinstaller…

 

Le stress et le tabac entretiennent une relation solide, au détriment évident de notre santé.

La cigarette qui détend, qui crée la pause, qui permet de “passer ses nerfs” ou au contraire qui booste en compagnie de sa fidèle associée la tasse de café… autant de fausses bonnes raisons de s’en allumer une petite.

La cigarette s’installe dans nos croyances profondes pour ce qu’elle est censée nous procurer : détente, bulle-refuge, regain d’énergie et autres bénéfices attendus.

Au-delà de l’addiction physique à la nicotine, elle représente une habitude comportementale qu’il est parfois bien difficile de modifier.

Analyser ses croyances toxiques et faire le tri dans ses comportements liés au stress fait partie du programme de gestion du stress, tout comme chercher à améliorer son hygiène de vie pour développer sa résistance aux difficultés quotidiennes.

Questionner sa consommation tabagique est donc une étape qui s’impose pour tout fumeur qui souhaite mettre en place une véritable stratégie de gestion de son stress.

Le test qui suit vous donnera, en quelques questions, un premier avis sur votre situation personnelle.

Rien ne remplace le diagnostic et l’aide fournie par un professionnel, médecin ou thérapeute. Cependant, le fait de s’intéresser à la place que prend, la cigarette, dans le rythme de ses journées  est déjà un premier pas vers la prise de conscience et pourquoi pas  vers un changement salutaire : réduire sa consommation, se libérer de l’emprise de cette fausse amie…

BILAN

6 questions

Test de FAGERSTROM 

Répondez aux questions qui suivent pour évaluer votre niveau de dépendance à la nicotine.

Cet instrument de mesure a été conçu à partir d’un travail scientifique validé. Plus d’informations sur la publication originale sur le site de la National Library (USA). Heatherton TF, Kozlowski LT, Frecker RC, Fagerstrom KO. The Fagerstrom Test for Nicotine Dependence : a revision of the Fagerstrom Tolerance Questionnaire. Br J Addict 1991;86(9):1119-27.

En savoir Plus

La question qui concerne le laps de temps qui s’écoule entre votre réveil et le moment où vous allumez votre première cigarette est particulièrement importante dans ce test pour évaluer votre niveau de dépendance.

Explication :

A certains moments particuliers (après le sport, une méditation ou un repas, par exemple), notre cerveau sécrète naturellement une substance appelée “dopamine” qui entraîne une sensation globale de de bien-être et produit de très fortes stimulations encéphaliques associées au  plaisir (c’est le circuit de récompense/renforcement.)

Au niveau des neurones, des récepteurs appelés “cholinergiques” sont activés et c’est eux qui entraînent la production de dopamine.

Avec une prise de tabac, la nicotine vient se fixer sur ces mêmes récepteurs, prend la place de l”acétylcholine et vient déclencher de la même façon une production de dopamine.

Lorsque ces récepteurs sont trop souvent activés, le cerveau procède à une autorégulation en diminuant leurs nombres. Le résultat est que pour obtenir la même action (et donc le même effet agréable), il faut donc plus souvent fournir la nicotine, ce qui explique l’emballement de la consommation.

Tout au long de la journée, l’activité de ces récepteurs ralentit, ils deviennent moins sensibles. Après une nuit de repos, au réveil, ces récepteurs sont à nouveau pleinement performant. La première cigarette déclenche alors une réaction particulièrement forte : 

“Le retour de ces récepteurs à un état fonctionnel hausse la neurotransmission cholinergique à un niveau anormal. Le fumeur éprouve donc de l’agitation et de l’inconfort, ce qui l’incite à fumer. Cette première cigarette de la journée procure un plaisir maximum car la sensibilité des récepteurs nicotiniques du système dopaminergique est maximale. Puis les récepteurs se désensibilisent rapidement, la tolérance se développe et le plaisir diminue : c’est le cercle vicieux du tabagisme” 

 Source : http://www.chm.bris.ac.uk/motm/nicotine/metabolisme.html